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Madame, Monsieur,
J’ai pris connaissance du n°160 de votre
revue ‘cinquième zone’, et en particulier de l’article
consacré à mes filles.
Voici de brèves remarques que je vous
prie de considérer comme une demande
de ‘droit de réponse’.
1) Vous évoquez le ‘tam-tam
médiatique’ auquel je me serais livré.. Il s’agit
là d’une insinuation malveillante. Vos lecteurs doivent
être informés de ce
que la médiatisation de cette affaire n’a pas été
mon fait. La première
journaliste à avoir pris contact avec moi connaissait toute
l’affaire par
des professeurs irresponsables du lycée.
Après la parution de ce premier
article, la première journaliste de télévision qui
m’ait appelé avait déjà
reçu l’autorisation du Rectorat de filmer à
l’intérieur de l’établissement.
2) L’idée que l’oppression atroce subie
par des millions de femmes dans le
monde musulman et ailleurs puisse justifier l’atteinte à la
liberté de mes
enfants est absurde. Mais celle que mes enfants seraient complices de
cette
oppression l’est plus encore ; elle est en outre diffamatoire.
3) Vous faites observer que « en les
excluant, ce ne sont pas deux élèves
que le conseil de discipline a sanctionnées ». C’est
pourtant le seul
pouvoir que la loi confère au conseil de discipline, qui n’est
pas l’arbitre
des conceptions que les uns ou les autres peuvent avoir des
libertés
vestimentaires. La décision ainsi rendue excède donc
notablement la mission
du conseil de discipline. Il est cependant faux d’affirmer que les
élèves n’
ont pas été sanctionnées : c’est bien du droit
à l’école de deux êtres de
chair et de sang qu’il s’agit dans cette affaire, droit qu’on ne peut
leur
refuser que si leur comportement rend impossible la vie de la
communauté
scolaire (par exemple à travers une attitude de
prosélytisme), ce qui n’a
jamais été le cas.
4) L’affirmation suivant laquelle mes filles
‘se foutent’ du sort des femmes
contraintes à porter le foulard est non seulement
mensongère, mais elle
aussi diffamatoire : cette diffamation n’aurait pas eu lieu si vous
aviez
pris le soin d’interroger l’une ou l’autre à ce sujet. Elles
vous auraient
dit leur attachement aux libertés républicaines et le
prix qu’elles
attachent à la liberté pour chacune et chacun d’avoir ou
de ne pas avoir de
convictions religieuses, de pratiquer ou de ne pas pratiquer sa
religion, de
se vêtir, dans le respect du droit d’autrui, comme il ou elle
l’entend.
5) Croyez vous vraiment que les
pères,
frères, et entourages tyranniques qui
veulent enfoularder de forces leurs filles, femmes ou sœurs, attendent
pour
ce faire l’autorisation de l’école républicaine ?
Pourquoi alors les
laissent-ils dévoilées même lorsqu’elles sont en
dehors de l’école ?
Laurent Lévy,
père de famille.
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